Le «Dream» d’un survivant

Un jeune homme de Lévis sélectionné par la fondation Rêves d’enfants alors qu’il combattait une tumeur au cerveau a choisi de redonner aux autres enfants malades en demandant un chien qu’il entraînera pour faire de la zoothérapie pédiatrique.

Charles-Edward Mercier n’a pas hésité une seconde quand son médecin lui a annoncé à l’automne qu’il allait être admissible à un rêve d’enfant. Même s’il combattait lui-même un rare cancer du cerveau, un germinome pinéal, le jeune homme ne pouvait s’enlever de la tête l’image des jeunes enfants qu’il côtoyait au centre hospitalier.

« Ç’a été un choc pour moi de voir autant d’enfants malades », raconte Charles-Edward, qui a lui-même failli y rester en raison de son importante tumeur. « Je ne me suis jamais senti malade, comparativement à eux. Je les voyais souffrir et je pensais à ce que ça ferait d’avoir un chien pour les accompagner. Je me disais que ça changerait leur vie », ajoute celui qui a fêté son 18e anniversaire durant son combat contre la maladie.

« C’était ça ou rien du tout »

C’est de cette façon que Dream est arrivé dans sa vie. Le petit golden retriever âgé de quatre mois lui a permis d’affronter ses propres traitements finaux de chimio et de radiothérapie, et il deviendra un allié pour les jeunes malades. Alors qu’il aurait pu demander un voyage ou d’autres cadeaux pour lui à Rêves d’enfants, Charles-Edward a plutôt voulu redonner. « C’était ça ou rien du tout », souligne-t-il avec aplomb.

Encore toute jeune, l’attachante petite bête passera par un long processus d’entraînement qui commencera en janvier avec des spécialistes de l’Académie Tops-K9. « On a du temps de plaisir à s’amuser avec Dream et, ensuite, il commencera à travailler », explique son bienveillant maître à qui le chiot obéit déjà plutôt bien... si une gâterie lui pend au bout du nez !

Frôler la mort

Heureux de pouvoir redonner aux enfants malades par l’entremise de Dream, Charles-Edward Mercier a bien failli ne jamais connaître ce bonheur. En fait, c’est par hasard, en juin dernier, qu’il a appris qu’il avait une tumeur au cerveau, un hasard qui lui a sauvé la vie.

« J’avais un œil qui louchait depuis un mois et ma blonde insistait pour que j’aille consulter. Dès que l’optométriste m’a vu, elle m’a envoyé à l’urgence et j’étais opéré deux jours plus tard pour diminuer la pression dans mon cerveau », raconte avec une maturité impressionnante le solide gaillard de 6 pi 7 po. « Les médecins m’ont dit qu’une semaine ou deux de plus et j’étais mort. »

Après avoir rétabli la pression dans son cerveau, les médecins ont pu amorcer des traitements pour réduire la masse qui se trouvait sur la glande pinéale. Après quatre cycles de traitements de chimiothérapie de 21 jours et 5 semaines de radiothérapie, Charles-Edward est en excellente voie d’être tiré d’affaire.

« Aux derniers tests, il y avait 91 % de diminution de la tumeur avec la chimio. Il reste des tests en janvier et février, puis je vais devoir être suivi pendant 10 ans ensuite », souligne celui qui a bien hâte de reprendre son cours de mécanique d’engins de chantier l’automne prochain. « Je ne me suis pas vraiment senti malade, mais arrêter l’école et le travail, ça a été le plus dur. »

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